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HISTORIQUE DE LAA-MONDRANS


L’ancien village


A l’origine était  un ruisseau : le Laà (prononcer « Laar »), et sa vallée probablement peuplée de moutons d’où le mot béarnais de Laà pour la laine.  Son orthographe était Lar ou Laar dans les documents du XVIII ou antérieurs.
C’est depuis la Révolution,  lors de la réunion des seigneuries de Laà (environ 450 Ha) et celle de Mondrans (environ 200 Ha) pour former la commune de Laà-Mondrans, que la prononciation ancienne du « r » a disparu et que le nom du village se prononce « La Mondran ».
Le dénombrement de Gaston Phoebus en 1385 compte 26 feux (habitations) sur Laà et Mondrans, soit environ 130 habitants, et quatre domangers (maison noble ou assimilée): l’Abadie, le moulin de l’Abadie, Pinsun et Bibaroo.
Du X au XII siècle nous savons que la paroisse dépendait de l’abbaye de Sordes, près de Peyrehorade.
En 1340, « permission est donnée par Gaston Comte de FOIX à Pierre, seigneur de l’Abadie de LAA, de bâtir sa maison de pierre et faire les fortifications qu'il voudrait.   (B 672 fol 41 et 88) ».
Cela signifie que Pierre (probablement de Saint CHRISTAU) était abbé Laïque de Laà, qu’il y possédait une maison depuis au moins la construction de l’église paroissiale au XII éme, que sa maison construite en bois comme toutes les maisons de l’époque devait  être en mauvais état, et qu’il souhaitait la reconstruire en pierres.
(L’Abadie de Laà, qui est maintenant appelée couramment « le Château », a subi au XVII, XVIII et XIX siècles, pas mal de transformations depuis la maison forte du XIV).


Note sur les abbés Laïques
L’abbé laïque est comme son nom l'indique un laïc qui détient, par héritage ou rachat, les droits sur l'église que ses prédécesseurs ont fait construire sur un terrain qui généralement leur appartenait. La maison qu'il occupe prend le nom d'abbaye laïque, "l'abadie", sans pour autant être une abbaye au sens où nous l'entendons aujourd'hui.
En récompense de la construction et de l’entretien de l’église, il perçoit la dîme qu'il partagera après accord avec le curé; il a pour cela le droit de présenter le curé avec lequel il s'est mis préalablement d'accord, à l'évêque qui lui donnera l'investiture finale.
Dans tous les villages du Béarn et beaucoup du pays Basque, on trouve généralement tout près de l'église une grande maison en hauteur qui est la résidence de l'abbé laïque "senhor labat", et que l'on appelle l'Abadie. L'un des plus célèbres abbés laïcs est le mousquetaire Aramis, personnage du grand roman d’Alexandre DUMAS, abbé laïque d'Aramits (dans la vallée de Barétous).
Bien que dans la plupart de l'Europe les droits sur les églises aient été rachetés, après le concile de Latran III en 1179, ces droits ont perdurés en Béarn jusqu'à la nuit du 4 Août 1789 pour une raison que j’ignore.
 
Jusqu’en1900 et même 1950 les métairies d’environ 17 hectares assuraient la subsistance de la famille de celui qui les exploitait. A partir de 1960, l’accroissement considérable de la productivité des terres agricoles au-dessus de la Loire a nécessité un regroupement et une spécialisation des terres agricoles de notre village, conduisant à la quasi disparition de l’élevage. Ne laissant subsister que trois exploitations viables aux mains de leurs propriétaires exploitants.
Trois  artisans assuraient un service minimum d’aide aux agriculteurs : un charpentier (LAGOUARDILLE) pour construire les bâtiments, un maréchal ferrant (CAZENAVE puis un autre LAGOUARDILLE) pour ferrer les chevaux et réparer les outils, une épicerie-bistrot-poste (JULIEN) qui vendait aussi des bonbons aux enfants. Les femmes se retrouvaient au lavoir du bourg, les hommes au bistrot. Les troupeaux s’abreuvaient dans le Laà.
 
Entre 1800 et 1950 les communes de Laà-Mondrans et sa voisine Loubieng ont perdu à peu près la moitié de leur population ; mais Laà-Mondrans par une volonté d’attirer une population travaillant en ville, qui pourrait  repeupler les effectifs de l’école communale  considérée comme le creuset du village, a réussi à doubler sa population de 1950 à 2000 pour atteindre 410 habitants. Alors que Loubieng, à deux kilomètres plus loin d’Orthez, ne parvenait qu’à la stabiliser autour de 450 habitants.
La longévité des familles dans cet ancien village est une de ses caractéristiques. On peut la constater sur le cadastre où les parcelles font partie d’un découpage indiquant le nom du propriétaire lors de l’établissement du premier relevé en 1809 et que l’on retrouve souvent de nos jours parmi les habitants. Plusieurs familles sont citées depuis le XVI ou XVII siècle, comme les POUEYS, HOURCADE, MONBEIG, ANGLADETTE, SARROUILHE.   Le plus remarquable étant que souvent ces familles trouvent un fils de générations en générations pour maintenir leur nom sur leurs terres.
Il convient de rappeler les échanges importants avec le village voisin de Loubieng, où traditionnellement on allait chercher un époux lors des fêtes annuelles, pour éviter un excès de consanguinité.
L’habitat était dispersé, avec un tout petit bourg au sud de l’Eglise et de l’Abadie. Ajoutées à l’élevage bovin, Les cultures principales étaient le maïs introduit au XVII siècle et, sur les  coteaux, la vigne qui produisait un vin de qualité si médiocre qu’elle a été abandonnée dès qu’un vin meilleur a pu être transporté au XX siècle.



La Mairie et l’Ecole
Le bâtiment qui abrite la mairie de nos jours a été achevé en 1854 pour abriter une école et le logement de l’instituteur. Il est devenu presbytère en 1890 lorsqu’on a créé une école communale dans les locaux de l’ancienne mairie, au centre du bourg. Devant l’accroissement des élèves une nouvelle école a été construite en 1958 à son emplacement actuel. Puis lorsque la paroisse a cessé d’être desservie par un curé résident, vers 1970, la mairie s’est installée à la place du presbytère.



 
Les plus anciennes constructions, à part l’église et l’abadie (le Château), sont :
-          Le Touron (motte féodale) à la limite nord-ouest de la commune construit vers le X siècle, qui pouvait envoyer des signaux vers Orthez, puis plus tard vers la tour Moncade. Seule la motte de base subsiste, la tour qui surmontait ce type de construction étant en bois a depuis longtemps disparu.
-          Le moulin de Laà construit au XIII siècle qui a été cédé par le Vicomte en 1299 à l’abbé laïc de Laà, dont les successeurs se bagarreront au XVIII siècle avec M. de Pierette, exploitant du nouveau moulin de Mondrans, pour se partager les clients.
-          Pinsun, de construction très ancienne, qui devait relayer vers la tour Moncade les signaux émis par le castera de Castetner. Et Bibaroo qui est cité, ainsi que Pinsun au dénombrement de Gaston Phoebus en 1385.
-          Le moulin de Mondrans et son superbe pigeonnier, construits dans la deuxième moitié du XVII siècle.
 
Les guerres
Le village a perdu 18 de ses fils, sur une population d’environ 280 habitants, au cours de la première guerre mondiale, mais n’a jamais été occupé. En 1940 la ligne de démarcation s’arrêtait peu avant le cimetière de Départ, et seuls quelques véhicules allemands faisaient parfois une ronde dans nos chemins.
 
Le nouveau village (après 1960)
Repeuplé par le premier lotissement vers 1975, puis par une politique active de constructions neuves avec amélioration de l’école communale. Les habitants de première ou deuxième génération sont devenus peu à peu majoritaires dans le village.
Après l’aménagement de la route Orthez-Navarrenx et le début de l’électrification partielle le long de cet axe dans les années 1930, et la généralisation de l’électricité à tout le village vers 1954, de gros travaux furent entrepris :
 Vers 1960 généralisation du téléphone ; en 1965  installation de l’eau courante ; vers 1970 goudronnage des chemins ;  en 1980   nouveau cimetière et création d’une salle communale pour les réunions, mariages, fêtes, et sport à l’abri de la pluie ; vers 1995 connexions à l’internet ; vers 2005 début du tout à l’égout et aménagement d’un terrain de football et de boules.
Chaque habitat abrite une ou plusieurs automobiles, la télévision et le confort ménager comme leurs équivalents citadins. Avec en plus l’avantage d’une maison individuelle et d’un jardin pour les enfants,  les fleurs  et les légumes. Avant, les gens immigraient vers la ville pour vivre près de leur travail. Maintenant, ils préfèrent vivre au large et faire la navette.
Laà-Mondrans a perdu ses caractéristiques de village agricole: Les cultivateurs sont désormais plus tributaires du marché citadin que du village voisin. C’est un petit noyau de familles enracinées dans la commune depuis des générations qui donne prise à l’illusion de la permanence.
Les veillées, généralement pratiquées en famille élargie, ont disparu avec l’arrivée de la télévision. Mais le regroupement des habitants continue, bien que beaucoup moins fréquemment, au sein de plusieurs associations sportives ou culturelles. Les centres commerciaux remplissent aisément leur rôle d’approvisionnement, mais moins bien celui de diffusion des informations locales.
Les nouveaux arrivants ont malheureusement la fâcheuse habitude de déménager tous les dix ans environ. Le maintien de la population du village nécessite donc un flux constant d’arrivée de nouveaux ménages pour compenser les départs.
Il y a bien quelques artisans domiciliés dans le village et même une entreprise de bâtiment assez importante, mais ils travaillent presque exclusivement pour les agglomérations d’Orthez et de Lacq.